Quand les cons sont braves, de Martin Petit
Ça m’aura pris toute la session pour réussir à lire ce livre, mais j’y suis arrivé. Quand les cons sont braves, de Martin Petit, se trouve à être en quelque sorte une autobiographie, dans lequel l’auteur se propose de montrer les mauvais côtés de l’armée afin d’éviter que d’autres jeunes soient tentés de suivre ses traces. Peut-on dire qu’il a accompli sa mission?
Mis à part quelques pages au début et à la fin du livre, Martin se contente de raconter, d’autant qu’il lui est possible de se rappeller, la vie qu’il a passé dans l’armée, de son inscription à sa démission. D’ailleurs, afin de ne pas risquer d’offencer inutilement certaines personnes, il s’est interdit de mentionner le nom de qui que ce soit, et il ne mentionne les gens que par leurs grades respectifs. Il s’est forcé aussi de décrire les événements de la manière la plus objective possible, bien qu’il nous est possible de voir à certain moment qu’il s’est légèrement laissé aller.
Et donc, qu’est-ce qui c’est passé avec Martin Petit dans l’armée? En bref: il s’est inscrit, a vécu dans l’armée et n’a eu que peu de temps libre pour lui-même, il a eu entre un et deux mois par année pour revoir sa famille, il a vécu quelques romances qui n’ont pas duré très longtemps, il a participé à de nombreuses missions, et il a été témoin de quelques abus de la part de quelques-uns de ses confrères. Dans les dernières années de son enrôlement, il a souffert d’une dépression nerveuse qui l’a emporté dans un abus de drogues (ou vice-versa), et il a continué quelques années avant de donner sa démission et de prendre du temps afin de vivre finalement sa vie. La monotonie des journées passées en mission, ainsi que les quelques périodes de stress intense provoqué par un risque d’attaque ennemie, les syndrômes post-traumatiques et les injustices de la part de ses supérieurs font partie des quelques côtés négatifs dont Martin fait mention et que l’on retient de la lecture.
Est-ce que le livre rempli sa mission de désintéresser les jeunes d’aller s’enrôler dans l’armée? Je pense que oui, en partie. Pour quelqu’un qui ne connait rien d’autre de l’armée que ses slogans (si la vie vous intéresse…) et ce qui nous est montré à la télévision et au cinéma, il est probable que la lecture de ce livre leur fasse voir une autre facette de l’armée et qu’ils vont plutôt aller ailleurs pour se trouver un emploi. En revanche, ce n’est pas ça qui va faire changer l’opinion d’une personne pro-guerre.
J’hésite à dire si ce livre vaut la peine d’être lu ou non. Si vous êtes du genre à penser que s’enrôler dans l’armée pourrait être un bon boulot potentiel, ou si vous bavez sur tout ce qui se veut critique contre la guerre, alors je vous suggère de le lire. Si vous avez un peu de temps libre aussi, ça ne peut pas vous faire de mal, et c’est tout de même une lecture intéressante et à la limite divertissante, même si je pense qu’il y a de meilleurs livres que celui-ci à ce niveau.

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